Le scandale des achats de liens dans la presse en ligne : Google n’est pas content et ne veut pas que vous fassiez pareil sur votre blog

Vous trouverez à la fin de l’article le point de vue officiel de Google sur le sujet, mais avant quelques développements récents qui ont fait grand bruit.

Vous savez sans doute que certains blogueurs se font payer par des entreprises pour écrire un article à propos d’un produit ou d’un service ; on parle d’« articles sponsorisés ». Cela pose évidemment un problème de confiance vis-à-vis du public, qui n’est pas toujours informé de ce qui se passe dans l’arrière-boutique.

Ce type de pratiques est bien entendu interdit par les rédactions des grands groupes de presses.

Et pourtant…

Le business juteux des articles sponsorisés et des achats de liens

Jon Christian a publié le 5 décembre un article qui fera date, sur le site TheOutline. Il est intitulé «bribes for blogs », c’est-à-dire « pots-de-vin pour un article ». Dans cet article, il explique comment des entreprises corrompent des rédacteurs afin que ceux-ci fassent référence à une marque… à l’insu de la rédaction du journal.

Cette corruption  a touché de très gros sites comme Mashable, Inc, Business Insider, Entrepreneur, HuffingtonPost, Forbes et The Fast Company, notamment parce que ces sites comportent beaucoup de contenu écrit par des contributeurs bénévoles, qui trouvent ainsi un moyen de se faire rémunérer pour le fruit de leur travail. Mais d’autres sites sont touchés, comme CNN ou le New York Times, et n’oublions pas bien sûr Wikipédia.

Deux cas de figure ;

  • Le rédaction contrôle le contenu des articles, et le rédacteur se contente d’insérer des liens sponsorisés
  • Le rédacteur dispose de suffisamment d’autonomie (euphémisme pour dire qu’il n’y a pas vraiment de contrôle de la part de la rédaction) et peut rédiger des articles sur commande (articles sponsorisés).

Les pots-de-vin peuvent atteindre plusieurs milliers de dollars par article.

Tentant, non ?

Admettons que vous soyez rédacteur sur un site à fort trafic, ou mieux, que vous en soyez le propriétaire, et qu’une marque vous contacte pour placer des liens vers son site.

Vous devez savoir que vous courrez en théorie un risque car cela peut avoir un impact négatif sur le référencement de votre site dans les moteurs de recherche… seulement si vous vous faites pincer.

Voyons à ce propos ce qu’en dit Google :

Que pense Google des articles sponsorisés ?

Comme le rappelait cet article du Search Engine Journal, l’affaire des pots-de-vin est remontée aux oreilles de Google, qui s’est exprimé par le biais de son porte-parole, Danny Sullivan :

« Pour faire court, n’achetez pas ou ne vendez pas de liens. Si nous détections ce type d’activité, nous pourrions prendre des mesures à l’encontre du vendeur et de l’acheteur, c’est-à-dire vous, l’éditeur (…) »

Danny Sullivan explique dans un tweet précédent que Jon Christian a oublié de préciser que les marques ne se contentent pas de demander une mention, mais exigent un lien sortant (on parle de « liens sponsorisés »). Plus l’autorité du domaine est élevée, plus le pot-de-vin l’est.

Google, en tant que prestataire de services essaie de fournir les résultats les plus pertinents, et n’apprécie pas du tout les tentatives de manipulations des résultats, dont font partie les liens sponsorisés, contre lesquels il lutte depuis de nombreuses années

Au passage, quand Google interdit de faire quelque chose, cela signifie que cela fonctionne… les référenceurs le savent bien.

Cela dit, si vous souhaitez rester dans les petits papiers de Google, suivez les recommandations figurant sur cette page d’aide (en anglais) de la Search Console, vers laquelle nous renvoie Danny Sullivan dans son tweet :

Les recommandations de Google :

Ne mettez pas des liens sponsorisés qui passent du «Page Rank » (qui passent du « jus » de votre site à celui de la marque). Je trouve la formulation un peu ambigüe : cela signifie-t-il que l’on peut le faire si on ajoute rel= »nofollow » à son lien (c’est autorisé si l’on met de la publicité sur son site)? En fait, personne ne vous paiera pour mettre un lien de type « no follow », donc la question ne se pose pas.

En complément :

N’utilisez pas d’ancres (le texte qui contient le lien) artificiellement enrichies en mots-clés, dans des phrases conçues uniquement à cet effet.

Évitez les blocs de liens dans les widgets ou le pied de page de votre site (j’ajoute : ou alors mettez tout en « no follow »).

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