Facebook, le réseau unique qui nous vient du Mordor

// Fable sur le risque encouru par ceux qui miseraient tout sur Facebook et ses terribles articles instantanés

Entendez-vous cet air lancinant et funèbre ?

« À quoi bon Google+ ou Twitter quand il y a les statuts Facebook ?
À quoi bon Youtube quand il y a Facebook Video ?
À quoi bon Périscope quand il y a Facebook Live ?
À quoi bon les mails quand il y a Facebook Messenger ?
À quoi bon un site ou un blog  quand il y a les Articles Instantanés ?
À quoi bon le Web quand il y a Facebook ? »

Avant de poursuivre votre lecture, un peu de musique d’ambiance :

Elle est entêtante, la petite musique qui obsède les seigneurs de l’Internet du Milieu. Épuisés par les guerres incessantes et les succès sans lendemain, ils rêvent d’une arme capable de terrasser définitivement leurs ennemis.

Seigneur d’un site web déclinant, vous êtes de ceux-là. Pourquoi continuer à vous battre avec des épées rouillées et émoussées alors que Facebook-Mordor vous offre d’écraser la concurrence grâce à la puissance du réseau unique, de ses terribles articles instantanés et de son Oculus qui voit tout ?

Un réseau social pour les diriger tous…

« One social network to rule them all …»

Séduit par cet air obsédant qui vous fait perdre le sommeil, vous laissez votre domaine internet derrière vous et gagnez le pays où s’étendent les ombres.

Votre décision est prise : vous abjurez votre Foi dans l’internet libre et renoncez à alimenter votre site web avec votre prose, que vous réservez désormais aux articles instantanés de Facebook. Vous faites allégeance à Sauron-Zuckerberg, qui vous remet un anneau de pouvoir en récompense de votre naïv… confiance.

Pour compenser la perte causée par l’abandon de votre domaine, Facebook-Mordor vous octroie la possibilité de collecter quelques adresses mail à la fin de chaque article.

«Ma foi, ce Sauron-Zuckerberg semble être un honnête homme», pensez-vous. Le dernier reste de méfiance étant dissipé, vous vous abandonnez entièrement à la puissance du réseau unique.

Au début vous enchaînez les victoires : expérience utilisateur fantastique, audience extatique, engagement mirifique. Mais cela ne dure qu’un temps. Vous endurez quelques revers, puis perdez quelques batailles. Une sensation désagréable s’insinue chaque jour un peu plus dans votre moelle ; les victoires se font rares, vos publications ne sont plus lues, vos partisans vous abandonnent, votre puissance magique s’étiole.

… et avec l’EdgeRank les lier

« … and with the EdgeRank bind them »

Zuckerberg-Sauron a distribué trop d’anneaux de pouvoir

À cause de l’EdgeRank, la puissance des anneaux s’est affaiblie en proportion de l’afflux de nouveaux vassaux. Vous voilà menacé, désemparé, démuni, perdu… c’est alors que le Seigneur des Ténèbres vous propose un marché,  un petit sacrifice de rien du tout : lui verser quelques pièces d’or et d’argent à chaque publication, et tout rentrera dans l’ordre.

Vous comprenez enfin mais un peu tard votre erreur : le pacte initial était un piège ; le bouton de collecte des e-mails n’est plus, votre vieux site web est délabré et abandonné aux rats. Vous êtes pieds et poings liés, condamné à servir Sauron-Zuckerberg ou à connaître la déchéance.

Fin de l’histoire.

Moralité :

Votre site internet est un bien précieux, ne le délaissez pas pour diffuser votre contenu sur des plateformes que vous ne contrôlez pas.

Si vous n’avez pas tout compris, lisez médias possédés, médias loué, article moins distrayant mais sans doute plus explicite.

Note : L’EdgeRank est l’algorithme secret qui détermine le classement des publications.

Générique de fin:

Articles similaires :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *