Petit guide de la rédaction web

Ce guide de la rédaction web a été conçu pour fournir des informations indispensables à ceux dont la rédaction n’est pas le métier et qui souhaitent publier des articles sur internet.

Il sera utile aux indépendants, aux entrepreneurs et aux associations qui possèdent un site web mais n’ont pas toujours les moyens de recourir aux service d’un rédacteur.

Si l’on veut écrire pour le web, il faut  se plier à deux exigences : plaire aux lecteurs, en premier lieu, mais aussi aux moteurs de recherche,

La première partie de cet article sera consacrée aux contraintes de la rédaction web liées à la nécessité d’écrire à la fois pour le lecteur et pour les moteurs de recherche.

La deuxième partie abordera la construction et la mise en forme de l’article.

1. La rédaction web ou l’art de plaire aux lecteurs et à Google

Lorsque vous avez une idée d’article en tête, vous devez vous demander si l’article répond oui ou non à une requête formulée par les internautes sur les moteurs de recherche. Si la réponse est oui et que vous voulez augmenter vos chances d’être lu, il faudra optimiser l’article.

Les articles optimisés pour les moteurs de recherche

Google
Google est la source principale de trafic pour la plupart des sites web

Dans l’idéal vous devez établir plusieurs profils d’internautes types (appelés personas en marketing), susceptibles d’effectuer plusieurs demandes qui sont le croisement d’une intention (recherche d’information ou volonté de passer à l’action immédiatement) et d’un contexte (la journée, la nuit, chez lui, dans la rue, dans un magasin).

L’article devra idéalement répondre à cette demande particulière.

L’utilisation des personas et la création de contenu adaptée au parcours d’achat du client est peu répandue dans les petites structures. Pour plus d’informations sur le sujet, vous pouvez lire mon résumé du guide des micros moments de Google ou lire mon article sur le marketing de contenu.

Avant d’aller plus loin, vous devez au minimum définir le public visé et le ton de l’article :

  • Est-ce un site de niche, un site grand-public, un site B2B ?
  • L’article sera t-il écrit à la première personne ou de manière impersonnelle ?
  • Devez-vous vous adressez au lecteur ? Si oui, devez-vous le tutoyer ou le vouvoyer ?

Les mots-clés

Je vous ai dit plus haut que vous devez  faire en sorte que Google considère que votre texte est celui qui répond le mieux à la demande exprimée par les internautes lorsqu’ils effectuent une recherche. Dans ce cadre, il est impératif d’inclure les bons mots-clés (notamment ceux qui sont tapés par les internautes dans Google). Il n’y a donc pas un mais des mots-clés.

Attention : l’algorithme de Google comporte depuis 2016 une section appelée RankBrain, qui a améliore sa capacité à interpréter les demandes de l’internaute et de le diriger vers une page même si les mots-clés ne correspondent pas exactement. Le recherche du mot clé exact est donc moins importante qu’avant.

  • Utilisez le mot-clé principal dans le titre de l’article et certains intertitres. Cela doit paraître naturel.
  • Trouvez des mots-clés qui vous semblent pertinents et complémentaires dans le corps du texte et dans les intertitres.
  • Faites des liens pertinents entre vos articles pour aider Google à comprendre de quoi vous parlez.

// Il existe des techniques et outils pour rechercher des mots-clés et pour relier les articles entre-eux de manière efficace. Demandez de l’aide à un rédacteur expérimenté ou à un consultant en SEO le cas échéant.

Il est important de se rappeler que la satisfaction de l’internaute doit primer. Il est inutile de l’attirer sur votre site avec un article optimisé pour les moteurs de recherche si le contenu n’est pas à la hauteur de ses attentes.

Les articles qui ne sont pas optimisés pour les moteurs de recherche

Il faut accepter le fait que, indépendamment des problèmes d’optimisation et de concurrence, beaucoup d’articles ne généreront que peu de visites, parce qu’ils ne correspondent pas à une recherche sur Google.

Ce sont les réseaux sociaux et le bouche-à-oreille qui feront le succès de ce type d’article. Sans chercher à imiter des sites comme Buzzfeed, il faudra veiller à soigner la conception du titre, qui doit être percutant et intriguant. En l’occurrence, on se fiche complètement des mots-clés.

Extrait de Buzzfeed
Le genre d’article idiot que l’on trouve sur Buzzfeed et qui marche bien. Personne ne tape les mots-clés correspondants dans Google

On peut aussi décider de ne pas optimiser un article parce que l’on sait que c’est peine perdue ou que l’on vise un public précis, que l’on atteindra par d’autres moyens que celui des moteurs de recherche.

2. Offrir une bonne « expérience utilisateur »

Voyons maintenant comment offrir au lecteur la meilleure expérience de lecture possible, en ce qui concerne l’aspect formel, en prenant notamment en compte la lecture sur les appareils mobiles.

J’évoquerai successivement le plan, la longueur optimale et la mise en forme de l’article.

Plan de l’article

De plus en plus d’internautes utilisent leur smartphone plutôt que leur PC. Ils n’ont pas la possibilité de balayer rapidement un texte du regard pour en connaître le contenu. Il faut donc veiller à placer les informations essentielles en haut du texte.

Quand on relate un événement, on emploie fréquemment le questionnement QQOQCCP : « Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Combien ? Pourquoi ? ». Il vaut mieux y répondre en tête de l’article et développer par la suite.

Informations mal hiérachisées
Il fallait mentionner le décès de la Marquise dès le début du papier!

Lorsque l’on place les informations par ordre d’importance décroissante, on parle de pyramide inversée. Ce plan ne peut s’appliquer que très rarement tel quel, mais il faut avoir son principe présent à l’esprit.

Sauf à vouloir ménager un effet de surprise, pour de bonnes raisons, on n’hésitera pas à placer dans le chapeau (cf. plus bas) des éléments issus  de la conclusion de l’article.

Différents types de plan :

  • thématique
  • descriptif
  • chronologique
  • pyramide inversée
  • thèse/antithèse/synthèse
  • didactique (du plus simple plus compliqué)
  • problèmes/solutions
  • SWOT (forces, faiblesses, opportunités, menaces)

Certains articles peuvent nécessiter un plan spécifique, qui sera toujours le même, par exemple les avis et tests concernant des logiciels, des appareils photo, etc.

Quelle est la longueur optimale d’un article ?

Il n’y a pas de réponse toute faite. Certains répondent « la longueur qu’il faudra », ce qui est pertinent dans une logique de satisfaction de l’internaute ; d’autres avancent des chiffres précis basés sur l’étude de milliers de sites.

Voyons les arguments propre aux deux types de logiques, quantitative et qualitative.

//Logique quantitative :

Un contenu trop bref sur une requête concurrentielle a toutes les chances d’être relégué dans les profondeurs du classement des moteurs de recherche, sauf s’il provient d’un site ayant une très forte autorité, comme Wikipedia.

Inversement, un contenu suffisamment long est susceptible d’intéresser particulièrement Google.

feuille vierge
Allez, courage ! Plus que 2500 mots à écrire…

Repères chiffrés : 400 mots minimum, 800 pour une page web standard , beaucoup plus pour un article de fond sur un sujet compétitif. La mode actuelle est au pavé de 2000 mots.

//Logique qualitative :

Si vous n’intéressez pas votre lecteur Google le saura.

C’est pour moi un point fondamental, donc la bonne réponse est « la longueur qu’il faudra ».

Je vais me répéter, mais tant pis :

Le plus important est de répondre aux besoins de l’internaute et de lui procurer une expérience plaisante.

«Un article de blog est comme une minijupe… Il doit être assez long pour couvrir l’essentiel, mais assez court pour que ça reste intéressant » – Henry un ami de Joe Pulizzi cité dans Content Inc.

Mise en forme de l’article

Le lecteur doit pouvoir parcourir le texte en diagonale et décider de lui-même des éléments qu’il souhaite approfondir.

Les titres

Hiérarchie des titresLes titres aident à se repérer, donnent du sens au texte qui suit et rompent la monotonie. Ils doivent respecter une hiérarchie.

Le titre de l’article est de niveau 1 (balise <h1> dans le langage html). Si l’article est découpé en 3 parties il y aura 3 titres de niveau 2, puis dans chaque partie des titres de niveau 3, etc.

Les titres sont un signal important pour les moteurs de recherche. Pensez à y inclure les mots-clés, sans que cela paraisse artificiel.

NB : si l’on adopte une approche mobile first (les utilisateurs mobiles priment) on veillera à ne pas utiliser une profondeur hiérarchique trop importante.

Les navigateurs audio pour les non-voyants utilisent les titres pour naviguer dans les textes ; un bon emploi des titres facilite donc l’accessibilité de votre article.

// Si vous êtes sous WordPress, vous avez la possibilité d’optimiser vos articles en définissant manuellement le contenu  des balises title et h1 et de la balise meta description. Il faudra utiliser pour cela un plugin de SEO.  Rassurez-vous, c’est normal si vous n’avez rien compris à ce stade. Si vous avez envie de mettre la main à la pâte, voici ma recette pour utiliser ces balises.

Le chapeau

Le texte d’introduction de l’article est appelé chapeau (ici, il s’agit du paragraphe en gras après le titre de niveau  un). Il aide le lecteur à décider de poursuivre ou non sa lecture. On y inclue souvent le QQOQCP (Qui ? Quoi ? Ou ? Quand  ? Comment ? Pourquoi ?).

Dans la plupart des cas, le lecteur doit pouvoir se faire une idée du contenu de l’article en lisant le chapeau. Il ne faut donc pas hésiter à y incorporer des éléments issus de la conclusion, si nécessaire.

On peut remplacer le chapeau par un sous-titre plus court.

Les passages en gras

Les passages en gras sont une manière commode de baliser un texte pour faciliter la lecture rapide. Vous ne trouvez-pas ? Attention à ne pas en abuser et à ne pas écrire tout un paragraphe en gras, sauf éventuellement le chapeau ou la conclusion, en fonction de la charte graphique de votre site.

Certains ont peur que Google les sanctionne à cause d’un abus de passage en gras et ne suivent pas les conseils que je viens de vous donner. Je pense qu’ils ont tort.

Les paragraphes

Ils doivent être courts et bien espacés. 3-4 lignes sur un ordinateur de bureau. N’oubliez pas que sur un mobile le paragraphe apparaîtra plus fourni.

En théorie, un paragraphe doit constituer une unité logique et ne doit pas être coupé au milieu pour de simples raisons esthétiques. Je préconise cependant de déroger à cette règle dès qu’il vous semble que la longueur excessive d’un paragraphe risque de nuire au confort de lecture sur  un appareil mobile.

Un paragraphe contient généralement un élément-clé ou une phrase-clé. Afin de faciliter la lecture, on peut décider de placer systématiquement l’élément-clé en tête de paragraphe. On peut aussi se contenter de mettre en avant l’élément-clé grâce au formatage, par exemple en mettant cet élément en gras.

Les phrases

Elles doivent être courtes. Enfin, c’est ce qui se dit habituellement.

Certains journalistes ou experts considèrent qu’une phrase ne doit pas inclure plus de 15 à 20 mots, et vont parfois jusqu’à préciser « pas plus de 17 mots ». Je n’apprécie pas vraiment cette forme de nivellement par le bas, qui semble ignorer l’existence du point-virgule, voire de la virgule.

Tous les articles de blog ne sont pas destinés à un improbable internaute moyen. Adaptez-vous à votre lecteur-cible et tâchez simplement d’être clair et concis.

Les citations

On peut les inclure au sein d’un paragraphe ou bien utiliser un bloc de citation (ou blockquote), ce qui donne ceci :

« La rédaction web est à la rédaction, ce que la musique web est à la musique. »

Cela ne veut rien dire, mais c’est esthétique.

Les listes

L’internaute apprécie les listes. Pourquoi ?

  1. Parce que c’est rapide à lire
  2. Parce que ça facilite la mémorisation
  3. Parce que ça rompt la monotonie

En html on utilise les balises <ul> (liste non ordonnée = sans numéro), <ol> (liste ordonnée = avec numéros) et <li> pour les items.

Les images

Attentions aux images trop lourdes qui ralentissent le temps de chargement de la page ! Pour les JPEGs, la qualité ne doit pas dépasser 75 %. On peut Parfois descendre à 50 % de compression, n’hésitez pas à faire des tests.

Il est très important d’ajouter une description à l’image pour les non-voyants, ce qui améliore l’accessibilité de votre site. Cette description, qui se trouve dans la balise alt de l’image, présente également un intérêt vis-à-vis des moteurs de recherche.

Certains recommandent d’inclure également les mots-clés dans le nom du fichier de l’image. Ça ne mange pas de pain.

Si l’image n’est pas explicite, ou si le lien avec l’article est peu évident, n’oubliez pas d’ajouter une légende.

Shonisaure
Shonisaurus popularis, un ichtyosaure ou poisson préhistorique. Quand la légende est indispensable.
Le format des images

Certains formats sont plus adaptés à certains styles d’images. Je recommande les formats suivants :

  • JPEG pour les photos  et les illustrations qui ressemblent à un tableau
  • PNG pour les copies d’écran,  le texte, les images géométriques, les logos
  • SVG pour les images vectorielles
  • et bien sur GIF pour les images animées

Les encadrés

Pas la peine d’en dire plus.

 

Si le thème de votre blog ne permet de faire des encadrés facilement, il suffit d’apprendre quelques bases d’html et de langage pour les css.

La rédaction web, départ pour un voyage sans fin

Ou comment réussir à caser le mot-clé dans un titre…

La rédaction web est située à l’intersection de plusieurs domaines connexes (écriture, référencement, marketing, journalisme, etc.).

Pour continuer à progresser, on pourra explorer tout ce qui touche à la rédaction et l’écriture (typographie, grammaire, rhétorique, écriture journalistique, technique et publicitaire), mais aussi au contexte (stratégies de contenu, communication), sans oublier le référencement, qui ne se limite pas à l’optimisation on page évoquée dans cet article.

Un voyage sans fin disais-je.

//  Bonus pour ceux qui ont lu l’article jusqu’au bout : comment augmenter le temps de lecture de vos articles avec les mots de transition et les graines de curiosité


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