Vanilla vanilla

Le monde se divise en deux camps : les amateurs de glace à la vanille et leurs détracteurs. Pour ces derniers, la vanille est le parfum le plus ennuyeux et inintéressant qui soit. Ils sont si nombreux dans le monde anglo-saxon, que le substantif vanilla [vəˈnɪlə] a donné naissance à un adjectif dépréciatif signifiant « quelconque, banal, sans intérêt ». Le comble du rasoir étant un dessert à la vanille qui ne sort pas de l’ordinaire : vanilla vanilla.

J’ai entendu récemment dans un podcast anglophone une expression qui m’a frappé, il s’agit de « vanilla content ».

Avec l’essor de l’inbound marketing et du marketing de contenu, tout le monde a compris qu’il est impératif de rédiger suffisamment de contenu pour attirer et fidéliser une clientèle.

Les marques créent leurs propres médias et concurrencent désormais les médias classiques et les pure players, lesquels sont contraint d’augmenter à leur tour leur production de contenu dans une « montée aux extrêmes* » impossible à arrêter. [* cf Clausewitz et René Girard. La pédanterie et la cuistrerie assumée sont tout sauf vanilla]

Vanilla content désigne un type de contenu banal, générique, vu et revu, sans saveur : un énième article sur la meilleure manière de rédiger un titre accrocheur ou d’optimiser un site web pour les moteurs de recherche.

Il y a abondance – voire excès – de contenu sur le web, mais nous sommes contraints de continuer à en produire si nous voulons survivre. Toutefois, nous pouvons nous efforcer de rédiger le moins possible de vanilla content.

On attribue à Jean-François Revel cette maxime : « voir ce que tout le monde a vu, pensez ce que personne n’a pensé ». C’est peut-être un peu ambitieux pour le rédacteur moyen, mais c’est une piste à explorer. Plus modestement, on peut tâcher de donner une coloration personnelle à ses articles.

Sur ce blog j’essaie donc de prendre position – quitte à me tromper – et de rédiger des articles suffisamment distrayants, quand c’est possible.

Sur la nécessité de ne pas ennuyer son lecteur, je n’ai rien écris de bien nouveau. Il me semble cependant que l’adjectif vanilla et les expressions qui en dérivent frappent l’imagination, et constituent un pense-bête utile pour le rédacteur web et le producteur de contenu en général.

Nous n’avons pas forcément le courage ou la présence d’esprit de nous demander si nous ne sommes pas en train de rédiger du contenu banal sur un site internet quelconque.

L’image de la glace la vanille nous aidera à nous interroger en vérité : «Suis-je en train d’écrire du vanilla content sur un vanilla website

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